Colonel Sanders : et si votre plus belle réussite était encore devant vous ?
Il avait plus de 60 ans lorsque son histoire prit un tournant extraordinaire
Il existe une petite phrase capable d'enterrer beaucoup de rêves :
« C'est trop tard. »
Trop tard pour changer de métier.
Trop tard pour créer.
Trop tard pour apprendre.
Trop tard pour recommencer.
Trop tard pour réaliser ce projet que l'on repousse depuis des années.
Nous regardons parfois notre âge comme une horloge qui décompte les possibilités restantes.
Comme si certaines portes devaient obligatoirement se fermer après 40, 50 ou 60 ans.
L'histoire de Harland Sanders nous raconte quelque chose de très différent.
Vous connaissez certainement son visage.
Costume blanc.
Lunettes.
Petite barbiche blanche.
Aujourd'hui encore, son portrait apparaît sur les restaurants KFC à travers le monde.
Pourtant, l'homme derrière ce visage n'a pas construit son parcours selon la trajectoire classique du jeune entrepreneur qui connaît immédiatement le succès.
Bien au contraire.
Sa route fut longue.
Très longue.
Et particulièrement sinueuse.
Une enfance qui l'oblige à grandir rapidement
Harland Sanders naît en 1890 dans l'Indiana, aux États-Unis.
Il perd son père alors qu'il est encore enfant.
Sa mère doit travailler pour faire vivre la famille.
Harland se retrouve alors régulièrement chargé de s'occuper de son jeune frère et de sa petite sœur.
Il apprend notamment à cuisiner.
Il ne le sait évidemment pas encore...
mais cette compétence acquise dans son enfance deviendra, plusieurs décennies plus tard, une partie essentielle de son histoire.
Avant cela, il devra emprunter beaucoup d'autres routes.
Une vie entière de métiers différents
Lorsque nous regardons une personne après sa réussite, nous imaginons facilement que tout son parcours la conduisait naturellement vers cette destination.
La vie de Sanders raconte exactement l'inverse.
Il travaille notamment comme ouvrier agricole.
Conducteur de tramway.
Employé des chemins de fer.
Vendeur d'assurances.
Il étudie même le droit par correspondance et exerce un temps dans des tribunaux locaux.
Il exploite également un ferry.
Puis vend des pneus.
Sa vie professionnelle ressemble davantage à une succession de tentatives qu'à un plan parfaitement construit.
Et pourtant...
la route continue.
Puis vient une station-service
Vers 1930, alors qu'il approche de la quarantaine, Sanders exploite une station-service à Corbin, dans le Kentucky.
Les voyageurs s'y arrêtent pour faire le plein.
Mais Sanders remarque autre chose :
ils ont faim.
Il commence alors à leur préparer des repas.
Au début, il n'existe même pas de véritable restaurant.
Il sert les voyageurs à sa propre table.
Les clients apprécient sa cuisine.
La réputation de l'endroit grandit.
Progressivement, Sanders développe son activité de restauration.
Et parmi les plats qu'il perfectionne se trouve évidemment...
son poulet.
Onze herbes et épices
Sanders cherche une manière de préparer rapidement un poulet savoureux sans sacrifier la qualité.
À la fin des années 1930, il perfectionne une méthode utilisant la cuisson sous pression.
Il développe également son fameux mélange de :
11 herbes et épices.
Une recette qui deviendra indissociable de son nom.
Mais l'empire KFC n'existe toujours pas.
Sanders possède essentiellement une activité locale.
Il travaille.
Il améliore.
Il expérimente.
Les années passent.
Puis arrive une idée qui va changer l'échelle de son projet.
1952 : la première franchise
Harland Sanders rencontre Pete Harman, restaurateur dans l'Utah.
En 1952, Harman devient le premier franchisé de ce qui prendra le nom de Kentucky Fried Chicken.
Le principe est intéressant.
Sanders n'a plus besoin de posséder lui-même tous les restaurants.
D'autres restaurateurs peuvent utiliser sa recette et son système, en échange notamment d'une rémunération sur les ventes.
Une nouvelle possibilité vient de naître.
Mais une autre difficulté se prépare.
Lorsque la route disparaît
L'activité de Sanders à Corbin dépend fortement des voyageurs qui passent devant son établissement.
Puis une nouvelle autoroute modifie les flux de circulation.
Le trafic qui alimentait son restaurant diminue fortement.
Sanders finit par vendre son établissement.
Imaginez ce moment.
Vous avez travaillé pendant des années.
Vous avez construit votre activité.
Vous avez développé votre recette.
Puis le monde change autour de vous.
La route qui amenait les clients ne passe pratiquement plus devant votre porte.
Et vous avez désormais plus de 60 ans.
Beaucoup auraient pu penser :
« J'ai essayé. Maintenant, c'est terminé. »
Sanders va faire exactement l'inverse.
À plus de 60 ans, reprendre la route
Plutôt que d'abandonner sa recette, il décide de développer beaucoup plus activement son système de franchises.
Il prend la route.
Il rencontre des restaurateurs.
Il prépare son poulet.
Il présente sa méthode.
Il tente de convaincre des professionnels d'utiliser sa recette.
Pas à 25 ans.
Pas à 35 ans.
Mais à un âge où beaucoup commencent déjà à penser à la retraite.
Vers 65 ans, Sanders consacre pleinement son énergie au développement du réseau Kentucky Fried Chicken.
Il sillonne le pays.
Petit à petit, des restaurants adoptent son concept.
Puis d'autres.
Et encore d'autres.
La petite recette servie autrefois aux voyageurs d'une station-service commence à voyager bien plus loin que son créateur ne l'avait probablement imaginé.
Le Colonel devient une icône
Le costume blanc devient sa signature.
Son visage devient celui de la marque.
Les franchises se multiplient aux États-Unis.
En 1964, alors que le réseau s'est considérablement développé, Sanders vend l'entreprise à un groupe d'investisseurs.
Mais il reste associé à la marque et continue à incarner son image.
L'homme qui avait exercé une multitude de métiers avant de trouver sa voie devient progressivement une figure mondialement reconnaissable.
Aujourd'hui encore, plusieurs décennies après sa disparition, son visage reste associé à KFC.
Mais imaginons un instant qu'il se soit arrêté à 60 ans
C'est peut-être la partie la plus fascinante de son histoire.
Imaginez qu'à 60 ans, Harland Sanders ait regardé sa vie et pensé :
« Maintenant, il est trop tard. »
Il aurait pourtant déjà vécu une vie entière.
Plusieurs métiers.
Des réussites.
Des difficultés.
Des changements.
Personne n'aurait pu lui reprocher de s'arrêter.
Mais l'histoire pour laquelle le monde entier allait connaître son nom...
n'était pas encore terminée.
C'est cela qui rend son parcours si précieux pour Tout est encore possible.
Parce qu'il nous oblige à reconsidérer notre manière de regarder le temps.
Qui a décidé qu'il était trop tard ?
Nous avons créé des calendriers invisibles.
À 20 ans, il faudrait savoir ce que nous voulons faire.
À 30 ans, avoir construit notre vie.
À 40 ans, être installé.
À 50 ans, ne plus trop changer.
À 60 ans...
commencer à ralentir.
Mais qui a écrit ces règles ?
Il existe évidemment des réalités liées à l'âge.
Nos possibilités ne sont pas identiques à toutes les périodes de notre existence.
Mais cela ne signifie pas que notre capacité à apprendre, créer, entreprendre ou donner un nouveau sens à notre vie disparaît à une date précise.
Parfois, l'expérience accumulée pendant des décennies devient justement ce dont nous avions besoin pour construire la suite.
Ce que son histoire peut nous rappeler
Peut-être avez-vous 40 ans et pensez-vous avoir pris du retard.
Peut-être en avez-vous 50 et rêvez-vous d'une reconversion.
Peut-être 60.
Ou davantage.
Peut-être existe-t-il depuis des années un projet dans un coin de votre esprit.
Un livre.
Une entreprise.
Un voyage.
Une formation.
Une création.
Une nouvelle vie professionnelle.
Et chaque année, vous vous répétez :
« J'aurais dû commencer plus tôt. »
Peut-être.
Mais il existe une autre question beaucoup plus utile :
« Si je ne commence pas maintenant, que penserai-je dans cinq ans ? »
À retenir
Vous ne pouvez pas revenir à 20 ans.
Vous ne pouvez pas récupérer les années passées.
Mais vous pouvez décider de ce que vous allez faire de celles qui arrivent.
Votre âge raconte le nombre d'années que vous avez déjà vécues.
Il ne raconte pas encore ce que vous pouvez faire des prochaines.
Alors si une petite voix vous murmure :
« C'est trop tard... »
demandez-lui simplement :
« Trop tard selon qui ? »
Parce que parfois, ce que nous considérons comme la fin d'une route...
n'est que le moment où une nouvelle commence.
Votre histoire n'est pas terminée.
Tout est encore possible.
« Chaque échec peut être un tremplin vers quelque chose de meilleur. » — Harland Sanders