Jan Koum : des bons alimentaires à WhatsApp

L'incroyable parcours de l'homme derrière une application utilisée dans le monde entier

Prenez votre téléphone.

Il y a de grandes chances qu'une petite icône verte s'y trouve.

WhatsApp.

Quelques secondes suffisent aujourd'hui pour envoyer un message, une photo ou appeler quelqu'un situé à l'autre bout du monde.

L'application fait tellement partie de notre quotidien que nous nous demandons rarement qui se cache derrière sa création.

Son histoire commence pourtant très loin des bureaux de la Silicon Valley.

Et surtout...

très loin des milliards de dollars.

L'un des hommes à l'origine de WhatsApp s'appelle Jan Koum.

Et lorsqu'il arrive aux États-Unis à l'âge de 16 ans avec sa mère, leur priorité n'est certainement pas de créer l'une des applications les plus connues de la planète.

Il faut simplement réussir à vivre.

 


 Quitter son pays à 16 ans

Jan Koum grandit dans un village près de Kiev, en Ukraine, alors encore intégrée à l'Union soviétique.

La famille vit modestement.

Leur maison ne possède même pas d'eau chaude.

En 1992, alors qu'il a 16 ans, Jan part pour les États-Unis avec sa mère.

Ils s'installent à Mountain View, en Californie.

Son père devait les rejoindre.

Il ne le fera jamais.

Jan et sa mère obtiennent un petit appartement grâce à une aide publique.

Sa mère travaille comme baby-sitter.

Jan, lui, nettoie le sol d'une épicerie afin d'aider à payer les dépenses du foyer.

La famille bénéficie également de bons alimentaires.

Quelques années plus tard, sa mère tombe malade d'un cancer.

Le quotidien reste difficile.

À ce moment de son histoire, rien ne ressemble encore à la Silicon Valley dont nous connaissons les réussites spectaculaires.

 


 

 Une curiosité qui va changer sa trajectoire

Jan Koum commence pourtant à se passionner pour l'informatique.

Vers 18 ans, il apprend seul les réseaux informatiques.

Il achète des manuels d'occasion.

Il les étudie.

Puis les rapporte parfois au magasin lorsqu'il les a terminés.

Pas d'école prestigieuse.

Pas de laboratoire extraordinaire.

Juste une curiosité immense et l'envie de comprendre.

Il poursuit ensuite des études à la San José State University et travaille parallèlement dans la sécurité informatique.

Puis une nouvelle porte s'ouvre.

Yahoo.

En 1997, il y est embauché comme ingénieur infrastructure.

Il finit par abandonner ses études pour se consacrer à son travail.

C'est également chez Yahoo qu'il se lie avec un autre ingénieur :

Brian Acton.

Un homme qui jouera plus tard un rôle essentiel dans l'histoire de WhatsApp.

 


 Une porte se ferme

Après plusieurs années chez Yahoo, Jan Koum et Brian Acton quittent l'entreprise.

Ils prennent du recul.

Voyagent.

Réfléchissent à la suite.

Et, détail assez savoureux lorsqu'on connaît la suite de l'histoire :

tous les deux tentent de rejoindre Facebook.

Ils ne sont pas recrutés.

Aujourd'hui, cela peut sembler presque irréel.

Deux hommes refusés par Facebook allaient quelques années plus tard créer une entreprise que Facebook souhaiterait acquérir pour une somme gigantesque.

Mais à ce moment précis...

ils ne connaissent évidemment pas la suite.

Ils connaissent seulement le refus.

 


 

📱 Puis arrive l'iPhone

En 2009, Jan Koum achète un iPhone.

Il comprend rapidement que l'App Store va créer un nouveau monde d'applications mobiles.

Une idée commence à prendre forme.

Au départ, WhatsApp n'est d'ailleurs pas exactement l'application de messagerie que nous connaissons aujourd'hui.

L'idée consiste notamment à permettre à ses contacts d'afficher un statut indiquant s'ils sont disponibles, occupés ou ailleurs.

Jan Koum choisit un nom qui ressemble à l'expression anglaise :

“What's up?”

WhatsApp est née.

Mais les débuts sont loin d'être spectaculaires.

L'application rencontre des problèmes.

Elle plante.

Très peu de personnes l'utilisent.

Jan Koum envisage même d'abandonner et de chercher un emploi.

Brian Acton l'encourage à continuer encore quelques mois.

Puis quelque chose change.

 


 

 Le petit changement qui transforme tout

Apple introduit les notifications push.

Koum adapte son application.

Lorsqu'un utilisateur change son statut, ses contacts peuvent désormais recevoir une notification.

Les utilisateurs commencent alors à détourner naturellement cette fonction.

Ils ne se contentent plus d'afficher un statut.

Ils commencent à communiquer entre eux.

Jan Koum comprend ce qui est en train de se produire.

WhatsApp devient progressivement une véritable messagerie.

Une nouvelle version est lancée.

Et soudain...

les utilisateurs arrivent.

Puis ils sont des milliers.

Des centaines de milliers.

Des millions.

L'application qui avait failli être abandonnée commence son incroyable ascension.

 


 

 Une philosophie différente

Jan Koum et Brian Acton veulent construire quelque chose de simple.

Pas une application remplie de publicité.

Pas une plateforme cherchant constamment à retenir l'attention.

Un outil permettant simplement aux personnes de communiquer.

Cette simplicité devient l'une des forces de WhatsApp.

Pendant les premières années, les fondateurs travaillent avec très peu de moyens.

Ils cherchent surtout à améliorer le produit.

Et progressivement, WhatsApp devient un phénomène mondial.

 

 Puis Facebook revient dans l'histoire

Souvenez-vous.

Quelques années auparavant, Jan Koum et Brian Acton avaient essayé de travailler chez Facebook.

Ils n'avaient pas été recrutés.

Mais en 2012, Mark Zuckerberg commence à s'intéresser sérieusement à WhatsApp.

Les discussions durent.

Puis, en février 2014, un accord extraordinaire est annoncé.

Facebook prévoit d'acquérir WhatsApp dans une opération évaluée à environ 19 milliards de dollars.

Mais le plus extraordinaire n'est peut-être pas le montant.

C'est l'endroit choisi pour signer une partie des documents.

 


 

 Le bâtiment des bons alimentaires

Jan Koum aurait pu signer cet accord dans un immense bureau.

Dans un hôtel de luxe.

Dans le siège d'une grande entreprise.

Il choisit autre chose.

Avec Brian Acton et l'investisseur Jim Goetz, il retourne devant un ancien bâtiment des services sociaux de Mountain View.

Le même endroit où, adolescent, il faisait autrefois la queue pour obtenir des bons alimentaires.

C'est là qu'il signe les documents liés à l'accord avec Facebook.

Imaginez simplement la scène.

Des années auparavant :

un adolescent immigré attend devant ce bâtiment parce que sa famille a besoin d'aide pour manger.

Des années plus tard :

le même homme revient devant cette porte pour signer l'un des accords technologiques les plus spectaculaires de son époque.

Le bâtiment n'avait pas changé.

Son histoire, oui.

 


 

 Ce que son parcours nous rappelle

Il serait facile de regarder uniquement le résultat.

Les milliards.

WhatsApp.

Facebook.

La réussite.

Mais ce serait oublier tout ce qui se trouve entre les deux images.

L'adolescent qui nettoie une épicerie.

Les manuels informatiques d'occasion.

Les études abandonnées.

Les années de travail.

Le refus de Facebook.

Une application qui fonctionne mal.

L'envie d'abandonner.

Puis quelques mois supplémentaires.

Une amélioration.

Une idée qui évolue.

Et enfin...

une destination que personne n'aurait pu prévoir au départ.

 


 

 Ce que son histoire peut nous apprendre

La vie possède parfois un étrange sens de l'ironie.

Une porte peut se fermer...

et quelques années plus tard, la personne qui se trouvait derrière cette porte peut venir frapper à la vôtre.

Mais ce n'est pas la revanche qui rend cette histoire intéressante.

C'est ce qui s'est passé entre les deux.

Jan Koum n'est pas resté devant la porte fermée de Facebook.

Il a continué son chemin.

Il a appris.

Il a créé.

Il a essayé.

Il a modifié son idée lorsqu'elle ne fonctionnait pas comme prévu.

Et c'est peut-être cela qu'il faut retenir.

Nous consacrons parfois énormément d'énergie à regarder la porte qui vient de se fermer.

Alors qu'une autre route est peut-être déjà en train de s'ouvrir derrière nous.

 


 

 À retenir

Si quelqu'un vous dit non aujourd'hui...

cela ne signifie pas que votre histoire s'arrête là.

Si votre première idée ne fonctionne pas...

elle peut évoluer.

Si votre projet commence petit...

laissez-lui le temps de grandir.

Et surtout, ne laissez pas votre situation actuelle décider à votre place de ce que vous êtes encore capable de devenir.

Parfois, la distance entre deux moments d'une vie est vertigineuse.

Un jour, vous attendez devant une porte.

Quelques années plus tard...

vous pouvez revenir devant cette même porte avec une histoire complètement différente.

Votre point de départ n'est pas votre destination.

Votre histoire n'est pas terminée.

Tout est encore possible.

 

L'anecdote finale est particulièrement forte parce qu'elle est documentée : Koum a effectivement choisi l'ancien bureau d'aide sociale où il venait chercher des bons alimentaires pour signer les documents de l'accord de 2014. L'opération annoncée avec Facebook était alors évaluée à environ 19 milliards de dollars.

 

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