Sylvester Stallone : le combat derrière Rocky

Avant de devenir Rocky Balboa, il devait lui-même apprendre à ne pas abandonner

Aujourd'hui, il suffit de prononcer un seul mot :

Rocky.

Et immédiatement apparaissent des images devenues mythiques.

Les marches de Philadelphie.

Les gants de boxe.

L'entraînement.

Le combat.

Et cet homme qui continue à avancer alors que tout semble lui dire de rester au sol.

Mais derrière Rocky Balboa se cache une autre histoire.

Celle de l'homme qui l'a imaginé.

Sylvester Stallone.

Car avant de devenir l'une des figures les plus célèbres du cinéma américain, Stallone était un acteur qui cherchait désespérément sa place.

Les auditions s'enchaînaient.

Les rôles importants n'arrivaient pas.

L'argent manquait.

Et rien ne permettait encore d'imaginer que son visage deviendrait un jour connu dans le monde entier.

 


 

Des auditions... encore et encore

Stallone quitte ses études pour tenter sa chance comme acteur à New York.

Mais les portes ne s'ouvrent pas.

Il passe audition après audition.

Sans véritable succès.

Il obtient quelques petits rôles, continue d'écrire et tente de se faire une place dans un univers qui ne semble pas vraiment vouloir de lui.

Les années passent.

Toujours pas de grand rôle.

Toujours pas de véritable percée.

Il aurait pu finir par considérer ces refus comme une réponse définitive :

« Tu n'es pas fait pour ça. »

Mais Stallone continue.

Lorsqu'il comprend que les rôles qu'il attend ne viennent pas, il commence à écrire davantage.

Puis une idée apparaît.

 


 

🥊 Un combat qui va tout changer

En mars 1975, Stallone assiste au combat entre Muhammad Ali et Chuck Wepner.

Ali est la superstar.

Wepner est l'outsider.

Peu de personnes imaginent ce dernier capable de tenir face au champion.

Pourtant, Wepner résiste jusqu'au quinzième round.

Pour Stallone, quelque chose vient de se produire.

Il voit dans ce combat bien davantage que de la boxe.

Il y voit une métaphore.

Que se passe-t-il lorsqu'un homme auquel personne ne donne vraiment sa chance décide malgré tout d'aller jusqu'au bout ?

L'idée de Rocky prend forme.

Stallone se met à écrire.

Et en quelques jours, une première version du scénario existe.

 


 

Mais Hollywood ne veut pas vraiment de lui

Le scénario intéresse finalement des producteurs.

Une opportunité extraordinaire vient d'apparaître.

Il y a cependant un problème.

Ils aiment Rocky...

mais ils ne souhaitent pas nécessairement que Sylvester Stallone soit Rocky.

Pour le rôle principal, des acteurs déjà connus sont envisagés.

D'un point de vue commercial, cela paraît logique.

Stallone est encore pratiquement inconnu.

Pourquoi confier un film entier à cet acteur alors qu'une vedette pourrait rassurer les investisseurs ?

On lui propose donc d'acheter son scénario.

Mais Stallone impose une condition :

s'il vend Rocky, il jouera Rocky.

 


 

 Refuser l'argent lorsque l'on en manque

C'est ici que son histoire devient étonnante.

Refuser une proposition lorsque l'on possède déjà beaucoup d'argent est une chose.

La refuser lorsque l'on en manque est tout autre chose.

À cette époque, Stallone connaît de véritables difficultés financières.

Il racontera avoir été tellement à court d'argent qu'il ne pouvait même plus correctement nourrir son chien, Butkus.

Il finit par le vendre.

Son compagnon des années difficiles disparaît de son quotidien pour quelques dizaines de dollars.

Et pendant ce temps, les négociations autour de Rocky continuent.

Des sommes considérables lui sont proposées pour céder le scénario sans jouer le personnage.

Pour quelqu'un dans sa situation, accepter aurait été parfaitement compréhensible.

Mais Stallone refuse.

Encore.

Et encore.

Pourquoi ?

Parce qu'il ne voulait pas simplement vendre une histoire.

Il croyait être Rocky.

Il pensait que ce rôle représentait peut-être la chance qu'il attendait depuis toutes ces années.

Alors il prend un risque immense.

Il préfère conserver cette possibilité plutôt que recevoir immédiatement une somme qui aurait pourtant changé sa situation.

 


 

Finalement, ils acceptent

Les producteurs finissent par céder.

Sylvester Stallone interprétera Rocky Balboa.

Le budget reste modeste.

Le tournage doit être réalisé avec relativement peu de moyens.

Et le propre chien de Stallone, Butkus, qu'il parvient à récupérer, apparaît même dans le film.

Puis arrive 1976.

Rocky sort au cinéma.

Et quelque chose d'incroyable se produit.

Le petit film devient un phénomène.

Le public s'attache à cet homme ordinaire auquel on offre une chance extraordinaire.

Rocky obtient dix nominations aux Oscars et en remporte trois, dont celui du meilleur film.

L'acteur que presque personne ne voulait quelques années auparavant vient de devenir une star.

 


 

🥊 Mais Rocky ne raconte pas vraiment comment gagner

C'est peut-être ce qui rend cette histoire encore plus intéressante.

À la fin du premier Rocky, Rocky Balboa ne remporte même pas le combat.

Et pourtant...

nous avons l'impression qu'il a gagné quelque chose de beaucoup plus important.

Il voulait savoir s'il était capable d'aller jusqu'au bout.

Il voulait tenir debout jusqu'à la dernière seconde.

Et il y parvient.

Peut-être est-ce pour cela que le personnage ressemble autant à son créateur.

Avant le succès, Stallone ne savait pas lui non plus s'il deviendrait célèbre.

Il ne pouvait pas savoir si Rocky fonctionnerait.

Il ne possédait aucune garantie.

Il avait seulement décidé d'aller jusqu'au bout de sa chance.

 


 

 Ce que son histoire peut nous rappeler

Il serait facile d'en tirer une mauvaise conclusion :

« Refusez toutes les propositions jusqu'à obtenir exactement ce que vous voulez. »

Ce n'est évidemment pas la leçon.

Prendre un risque ne garantit jamais le succès.

Et la persévérance ne signifie pas s'obstiner aveuglément.

Mais l'histoire de Stallone nous pose une question intéressante :

Existe-t-il quelque chose dans votre vie auquel vous croyez suffisamment pour lui donner une véritable chance ?

Un projet.

Une idée.

Une création.

Une reconversion.

Un rêve abandonné depuis longtemps.

Parfois, nous renonçons non parce que quelque chose est impossible...

mais parce que nous avons entendu trop souvent que cela le serait.

 


 

 À retenir

Vous essuierez peut-être des refus.

Certaines personnes ne comprendront peut-être pas votre projet.

Vous devrez peut-être modifier votre route.

Recommencer.

Apprendre.

Patienter.

Mais un refus ne signifie pas toujours :

« Jamais. »

Parfois, il signifie simplement :

« Pas comme cela. »

Et lorsqu'une chose compte réellement pour vous, il existe des moments où vous devez accepter d'aller encore un round.

Puis un autre.

Et encore un autre.

Parce que personne ne connaît le résultat avant la fin du combat.

Votre histoire n'est pas terminée.

Tout est encore possible.

 

Les points centraux de ce récit sont documentés : le site officiel de Stallone décrit ses innombrables auditions infructueuses et son exigence d'interpréter lui-même Rocky ; Stallone a également raconté avoir vendu Butkus pour environ 50 dollars faute de pouvoir le nourrir, puis l'avoir récupéré après le succès du projet. Rocky a finalement remporté trois Oscars, dont celui du meilleur film.

 

👉Liz Murray | Tout est encore possible |

👉Steve Jobs