Liz Murray : de la rue à Harvard

Quand votre point de départ ne décide pas de votre destination

Il existe des histoires qui semblent avoir été écrites pour le cinéma.

Celle de Liz Murray en fait partie.

Et pourtant, avant d'être racontée dans des livres, des conférences et à l'écran, cette histoire fut simplement celle d'une adolescente new-yorkaise confrontée à une réalité extrêmement difficile.

Une enfance marquée par la précarité.

Des parents dépendants aux drogues.

La maladie.

Puis la rue.

À un âge où beaucoup d'adolescents pensent à leurs études, à leurs amis et à leur avenir, Liz Murray devait parfois simplement se demander où elle allait dormir.

Rien, à ce moment-là, ne semblait annoncer Harvard.

Et c'est précisément ce qui rend son parcours si saisissant.

 


 

Une enfance dans le Bronx

Liz Murray naît à New York en 1980 et grandit dans le Bronx.

Son enfance est profondément marquée par les addictions de ses parents et par une grande instabilité familiale.

L'argent manque.

Le quotidien est imprévisible.

L'école devient progressivement secondaire face aux difficultés vécues à la maison.

Liz s'absente régulièrement.

Sa scolarité se fragilise.

Et pourtant, derrière ce chaos, quelque chose reste présent :

la possibilité qu'une autre vie existe quelque part.

 


 

Puis sa mère tombe gravement malade

La situation familiale devient encore plus difficile lorsque sa mère contracte le VIH.

Liz est encore adolescente lorsqu'elle perd sa mère.

Elle a alors environ quinze ans.

Peu après, elle se retrouve sans véritable foyer stable.

Elle dort parfois chez des amis.

Parfois dans des escaliers.

Parfois dans des lieux publics.

Son existence tient dans quelques affaires qu'elle transporte avec elle.

À cet instant de son histoire, il aurait été facile d'imaginer que l'école était définitivement terminée.

Mais quelque chose va changer.

 


 

 Le moment où une autre vie devient imaginable

Liz comprend progressivement que si elle souhaite sortir de cette situation, l'éducation peut devenir l'une de ses portes de sortie.

Elle reprend sérieusement sa scolarité.

Mais le retard accumulé est considérable.

Elle doit accomplir en quelques années ce que d'autres élèves ont réalisé beaucoup plus progressivement.

Et surtout, elle doit étudier tout en continuant à vivre dans une immense précarité.

Elle travaille dans les transports.

Dans des couloirs.

Chez des amis.

Partout où elle peut trouver quelques instants pour ouvrir ses livres.

Elle ne possède pas encore la vie dont elle rêve.

Mais elle commence à construire la direction qui pourrait l'y conduire.

 


 

Une visite qui change sa perception du possible

Durant sa scolarité, Liz participe à une visite de Harvard.

Elle découvre l'université.

Un lieu qui semble appartenir à un monde totalement différent du sien.

Elle aurait pu penser :

« Ce monde n'est pas pour moi. »

Au contraire, quelque chose se produit.

Harvard devient une possibilité.

Lointaine.

Improbable.

Mais une possibilité.

Et parfois, c'est tout ce dont nous avons besoin pour commencer :

voir qu'une autre destination existe.

 


 

 Harvard

Liz Murray termine ses études secondaires malgré les difficultés.

Elle obtient ensuite une bourse du New York Times destinée à des étudiants ayant surmonté de grandes épreuves.

Puis arrive une nouvelle qui aurait semblé presque inimaginable quelques années auparavant :

elle est admise à Harvard.

La jeune fille qui avait parfois dormi dans des cages d'escalier allait devenir étudiante dans l'une des universités les plus célèbres au monde.

Son parcours sera ensuite raconté dans le téléfilm Homeless to Harvard: The Liz Murray Story et dans ses mémoires, Breaking Night.

 


 

Ce que son histoire raconte réellement

Il serait facile de résumer l'histoire de Liz Murray ainsi :

« Elle était sans domicile et elle est entrée à Harvard. »

Mais ce serait passer à côté de l'essentiel.

Car entre ces deux phrases se trouvent des centaines de décisions.

Se lever.

Retourner en cours.

Étudier.

Demander de l'aide.

Continuer malgré la fatigue.

Accepter de croire qu'une autre existence était possible alors que presque tout autour d'elle semblait raconter le contraire.

Sa vie n'a pas changé en une seule journée.

Elle a changé de direction avant de changer complètement de destination.

 


 

 Ce que son histoire peut nous rappeler

Nous ne choisissons pas toujours notre point de départ.

Nous ne choisissons pas toutes les circonstances qui entourent notre enfance.

Nous ne choisissons pas toutes les épreuves qui apparaissent sur notre route.

Et il serait injuste de prétendre que chaque personne confrontée aux mêmes difficultés dispose automatiquement des mêmes possibilités.

Mais l'histoire de Liz Murray nous rappelle quelque chose de précieux :

notre passé peut expliquer une partie de notre histoire sans nécessairement devoir écrire toute la suite.

Parfois, une possibilité suffit.

Une rencontre.

Une décision.

Une porte entrouverte.

Puis une autre.

Et progressivement, une destination qui semblait inaccessible commence à se rapprocher.

 


 

 À retenir

Peut-être regardez-vous aujourd'hui votre situation en pensant :

« Je pars de trop loin. »

Peut-être avez-vous l'impression d'avoir perdu du temps.

D'avoir pris du retard.

Ou de ne pas posséder les mêmes chances que les autres.

L'histoire de Liz Murray ne nous dit pas que tout sera facile.

Elle nous rappelle simplement de ne pas confondre :

« C'est difficile »

avec

« C'est impossible ».

Votre point de départ fait partie de votre histoire.

Il n'est pas obligé d'en devenir la destination.

Votre histoire n'est pas terminée.

Tout est encore possible.

 

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